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Editorial
Le CEPOD sur la toile
A l’instar de la Fondation pour le Renforcement des Capacités en Afrique (ACBF) à l’échelle du continent, le Centre d’Etudes de Politiques pour le Développement (CEPOD) se veut un animateur engagé de triangles de partenariat entre l’Administration publique, le Secteur privé et la Société civile. Au cours des années 1990, le renforcement des capacités a été reconnu comme le maillon manquant du développement en Afrique. Au Sénégal, l’approche du CEPOD a été d’abord expérimentée dans le cadre de l’Unité de Politique économique (UPE) créée à la demande du Ministre de l’Economie, des Finances et du Plan de l’époque dans le but de susciter des bases de consensus sur les questions essentielles de politique économique, au sein de l’Administration publique, mais aussi entre l’Etat et le secteur privé.
Faut-il le rappeler les années 1989-1993 ont été particulièrement difficiles pour le Sénégal, voire pour l’ensemble des économies de la Zone Franc. Ces difficultés étaient dans une certaine mesure dues à une ou deux causes majeures, dont la persistance a fini par démultiplier leurs effets ainsi que les questionnements qu’elles ont entretenus dans les différentes chancelleries de la sous - région et celles des partenaires des pays de la sous - région.
A tout le moins, ces difficultés ont été dans une large mesure associées aux réformes de première génération qui ont libéralisé les différentes économies des pays en développement sous l’empire des programmes de stabilisation et d’ajustement structurel. Aussi, les contre - performances en matière de croissance économique et de viabilité des finances publiques qui ont caractérisé la fin des années 1980 et le début des années 1990 au Sénégal ont-elles été, en partie, expliquées par un déficit de concertation entre l’Administration publique et le secteur privé qui serait renforcé par un manque d’implication de l’expertise universitaire dans la définition des programmes publics. C’est pourquoi le mandat de l’UPE a été essentiellement de renforcer les capacités du Ministère de l’Economie et des Finances en matière de formulation de politiques, de contribuer à la création de bases de consensus entre l’Etat et le Secteur privé, et de collaborer davantage avec les centres de recherches universitaires et leurs experts.
L’ouverture et l’internationalisation du débat sur les dimensions sociales de l’ajustement et sur le développement durable a conduit aux réformes de deuxième génération de la seconde moitié des années 1990. Après la libéralisation des marchés des biens et services, il s’est avéré nécessaire de promouvoir l’égalité des chances et des opportunités dans l’accès aux actifs (terres, ressources naturelles, crédit), aux sources de capital humain (éducation, santé et nutrition) et aux sources de pouvoir (dimensions genre). Le traitement direct des questions de gouvernance et de sortie de la pauvreté a ainsi été mis au centre des politiques conditionnelles du bénéfice de l’allègement du fardeau de la dette publique des pays les plus pauvres. Les documents de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP) et les programmes de bonne gouvernance ont trouvé en la société civile un acteur stratégique pour non seulement surveiller l’Etat et le marché mais surtout contrôler l’impact de leurs défaillances sur le bien – être des populations.
Le CEPOD prend en compte cette nouvelle donne en étendant ses activités à la société civile ; même si ce qui est fait demeure très insuffisant au vu de la diversité des segments de la population que cette société civile est censée représenter et des approches envisageables pour mieux appréhender et satisfaire les besoins recensés.
L’avènement des partenariats multi – acteurs s’accompagne d’une croissance exponentielle des besoins en renforcement des capacités. Au centre de ces partenariats se trouve l’information. La circulation de l’information fiable en temps réel, crée les conditions de dialogue, d’échanges, et de partenariat féconds entre tous les acteurs tant aux niveaux national, sous-régional et international. La toile (Internet) diffuse instamment, de façon continue et dans toutes les directions symboles, images et sons. Les technologies de l’information et de la communication font de tout un chacun un voisin immédiat des autres occupants de la planète.
A travers ce site sur la toile mondiale, le CEPOD souhaite établir un dialogue suivi entre ses agents et leurs voisins virtuels de ce monde, dans le sens de mieux remplir sa mission de renforcement des capacités. Sur cette mission dans son ensemble, sur les différentes activités que mène le CEPOD, vos observations, commentaires, suggestions, interrogations et recommandations seront les bienvenus. Le CEPOD espère pouvoir compter sur votre collaboration, pour toujours s’améliorer et devenir un centre d’excellence. Le CEPOD souhaite rester votre partenaire dans la recherche des approches et des capacités appropriées qu’appelle un monde contraint à la fois à la compétition et à la solidarité, sinon à la coopération, sans quoi, il ne saurait entretenir une dynamique viable d’amélioration continue des conditions de vie de tous.
Une tendance lourde qui est née du développement des TIC est certainement l’importance grandissante des réseaux et des relations et activités résiliaires. Elle donne un support et une portée à l’économie des connaissances (knowledge management). A travers cette fenêtre ouverte sur le monde, enrichissons et partageons le stock de connaissances universel.
Au revoir et revenez souvent.
Aliou FAYE
Directeur du CEPOD |